> Page d'accueil > Bâtir votre projet > Le rendez-vous des créateurs > Financement : quelques réalités bonnes à rappeler





Financement : quelques réalités bonnes à rappeler

22 février 2006
Télécharger le document Imprimer la page

D’où vient l’argent dans une entreprise ?

D’abord, des clients, pas des subventions …
Dans une entreprise, quelle que soit sa taille, la seule source naturelle d’entrée de fonds, c’est la vente (le chiffre d’affaires). Se poser la question de la rentrée d’argent, c’est s’interroger sur l’action commerciale à mener. Car une entreprise, c’est d’abord des clients.
Capitaux propres, crédits, subventions ne remplaceront jamais le chiffre d’affaires et resteront limités dans leur montant par rapport aux besoins de l’entreprise. Avant de se poser la question du financement, il est donc nécessaire de mettre la priorité sur le marché, la clientèle et sa solvabilité. Pourrai-je vendre mon produit (ou service) à un prix acceptable par mes clients et rentable pour l’entreprise ?


Pour être finançable, un projet doit être rentable.
  • Si vous empruntez, il vous faudra rembourser, et ce sont les bénéfices qui vous permettront de rembourser vos emprunts.
  • Pour pouvoir emprunter, il faut dégager des bénéfices :
    - On ne peut pas emprunter plus de 3 à 4 fois sa capacité d’autofinancement,
    - L’annuité de remboursement des dettes moyen terme ne doit pas dépasser la moitié de la capacité d'autofinancement.
  • Pour convaincre des investisseurs, il faudra leur démontrer que vous pourrez leur verser des dividendes et/ou valoriser leur mise de fonds, ce qui passe par une rentabilité élevée.


Le business plan doit d’abord démontrer avant de prétendre convaincre.
  • Le premier rôle du Business Plan est de démontrer la faisabilité et la viabilité du projet. D’abord pour soi : s’assurer qu’on a un bon projet qui justifie d’aller plus loin. Ensuite seulement, pour convaincre des investisseurs.
  • Le business plan doit démontrer que le marché du produit existe et que l’entreprise aura la capacité d’atteindre les clients potentiels, et de réaliser ses objectifs de chiffre d’affaires. Il ne suffit pas d’exposer ce qu’on prévoit de faire, il faut dire clairement, et concrètement, comment on compte le faire (plans d’action précis).
  • C’est la stratégie exposée dans le business plan qui rend crédible les chiffres prévisionnels, et non l’inverse.



Ne pas confondre capital social et fonds propres.

Le capital social correspond au montant des apports faits par les associés lors de la constitution de la société. Il peut être, dans le cas d’une SARL, fixé librement (à partir de 1 euro).
Les fonds propres doivent être déterminés en fonction des besoins financiers de l’entreprise. Le créateur doit veiller à ne pas sous capitaliser son entreprise, en ajustant l’apport initial aux exigences économiques de sa future entreprise.
Si l’entreprise est créée avec un capital social trop faible, l’entrepreneur et ses associés devront tôt ou tard apporter de l’argent pour renforcer les fonds propres de la société.

Une entreprise a besoin de fonds propres.

Trop souvent, les entreprises n’ont pas assez de fonds propres. C’est une des raisons de leur fragilité et de leur vulnérabilité. Les fonds propres (constitués par les mises de fonds des associés et les résultats mis en réserve) sont vitaux pour l’entreprise :
- L’entreprise dispose d’une marge de sécurité financière, si les fonds propres sont largement suffisants pour absorber des pertes.
- Des fonds propres faibles ou inexistants rendent impossible l’accès à d’autres ressources financières (emprunt bancaire, notamment)
- Enfin, une insuffisance de fonds propres est généralement à l’origine d’une situation de trésorerie tendue.


Il y a deux types, bien distincts, de financeurs.
  • Le prêteur (banquier). Sa motivation est négative : ne pas perdre l’argent prêté. Il privilégie le risque de défaillance, car il veut être remboursé. Il regarde le passé (les 3 derniers bilans : problématique quand on crée une entreprise !), car il a besoin de se rassurer. Il faudra le rassurer.
  • L’investisseur. Sa motivation est positive : gagner de l’argent, réaliser un gain en capital. Il privilégie le couple rendement / risque. Il regarde le futur : le potentiel de développement de l’entreprise. Il a envie de rêver et il faudra … le faire rêver.


Ne pas trop (tout) attendre des banques.
  • Le rôle d’une banque est de prêter de l’argent et de… rentrer dans ses fonds. Ce n’est pas aux banques de supporter le risque de l’entrepreneur avec des fonds qui ne leur appartiennent pas. Les banques ne sont pas là pour aider les entreprises, mais pour gagner de l’argent, comme tout fournisseur.
  • Les banques ne financent pas tout : elles financent des avances sur recettes, mais pas les « paris sur l’avenir ». Vous pourrez généralement financer l’essentiel de vos investissements avec des emprunts bancaires, mais vous devrez financer votre besoin de fonds de roulement avec vos fonds propres, pour au moins 50% de son montant.
  • Ne pas négliger les investisseurs, car ce sont les seuls à pouvoir vous apporter des fonds propres.



Le plus difficile à financer : le démarrage (amorçage)

Le « capital-risque » le finance rarement, car jugé trop risqué ! Avant de vous prêter, les banques attendent souvent que vous ayez démarré pour se rassurer sur la pérennité de votre activité.
Au démarrage, il faut surtout compter sur soi (ses fonds personnels) et ses proches (famille et amis). On peut aussi solliciter prêts d’honneur, concours, subventions et aides, qui peuvent faciliter l’accès au prêt bancaire.
Si les besoins sont plus importants, on peut faire appel à des business angels, qui sont la seule source de financement réellement adaptée à la phase de démarrage d’une entreprise.


Un bon projet trouve toujours son financement ! Ce n’est pas l’argent qui manque, ce sont les bons projets …


***


Article rédigé pour Yvelines Compétences par
Michel ZOURBAS
Conseil en gestion et finance d'entreprise
Chargé de cours à l'Université de Versailles St Quentin en Yvelines.
Contact : m.zourbas@zed-conseil.com