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Financer le développement de son entreprise

1er janvier 2004
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La croissance de l'entreprise génère deux types de besoin de financement :
  • le premier, généralement bien identifié, concerne les investissements. A noter toutefois que ceux-ci sont de plus en plus souvent immatériels, notamment dans les services (R&D, logiciels, développement, structure), ce qui rend leur financement traditionnel par les banques plus difficile.
  • le second, souvent sous-évalué, voire oublié, concerne le besoin de fonds de roulement (BFR). Il correspond au besoin de financement généré par l'activité de l'entreprise, plus particulièrement par son cycle d'exploitation, qui reproduit des opérations d'approvisionnement, de production et de vente de façon permanente et continue. Le BFR augmente proportionnellement avec la croissance du chiffre d'affaires, dès lors que les conditions de paiement des clients et de règlement des fournisseurs restent inchangées.
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I/ Rappel de quelques principes incontournables :
- Il existe un " cercle vertueux " initié par la rentabilité de l'entreprise : les bénéfices de l'entreprise constituent des fonds propres, qui vont accroître la capacité d'endettement de l'entreprise. L'endettement génère un effet de levier qui à son tour va accroître la rentabilité. En résumé : sans rentabilité, pas de fonds propres, et sans fonds propres, pas de capacité d'endettement.
- Investissements et augmentation du BFR doivent être financés par des ressources stables (fonds propres, emprunts moyen terme) et, donc par un renforcement du fonds de roulement (le haut de bilan).
- Il ne faut pas compter uniquement sur les banques : les emprunts ne financent que des avances sur recettes. Le risque (" les paris sur l'avenir ") ne peut être financé que par des apports en fonds propres (autofinancement et investisseurs). Ne pas oublier, en effet, que le banquier prête de l'argent qui ne lui appartient pas, contrairement à l'investisseur qui peut décider de prendre un risque plus important.
- Lever des fonds quand l'entreprise n'en a pas encore besoin. Pour être en bonne situation de négociation (avec un banquier ou un investisseur), il ne faut être ni en situation délicate, ni soumis à des contraintes temporelles courtes.

II/ Pour mener à bien une démarche de financement, il faut préalablement :
- Anticiper le développement de l'entreprise et ses besoins de financement.
Le Business Plan (cf. l'article intitulé "Le rôle du Business Plan : démontrer et convaincre") doit permettre, une fois démontrée la faisabilité du projet de développement, de prévoir, d'évaluer et de justifier le besoin de financement, et donc d'anticiper la mise en place des financements. Il est fondamental, en matière de financement, d'anticiper pour réagir à temps et ne rien gérer dans l'urgence. En outre, anticiper un financement augmente la chance de l'obtenir et anticiper une difficulté de trésorerie évite d'indisposer son banquier.
- Evaluer la capacité de l'entreprise à mobiliser des fonds.
Elle repose sur la connaissance de sa situation financière (capacité d'autofinancement, niveau du BFR, capacité d'endettement et de remboursement, cote Banque de France), la prise en compte des motivations et objectifs des partenaires financiers (les critères d'analyse des banquiers, les critères de sélection des investisseurs) et un diagnostic (de quelles marges de manœuvre dispose l'entreprise, et peut-elle financer son développement ?). Il faut, en outre, savoir limiter son développement à ses capacités financières (actuelles et futures).

III/ Les moyens de financement.
Ils viennent de deux sources, les investisseurs et les prêteurs, qui répondent à deux logiques fondamentalement différentes :
  • L'investisseur investit volontairement son argent dans le capital des entreprises. Sa motivation est positive : réaliser un gain en capital. Il s'intéresse, principalement, au potentiel de développement de l'entreprise. Il regarde le futur, et … se prend à rêver. Il existe différents types d'investisseurs : sociétés de capital-risque, de capital-développement, business angels, épargne de proximité, " love money ", …
  • Le prêteur prête de l'argent, qui dans le cas du banquier ne lui appartient pas. Sa motivation est négative : ne pas perdre son argent. Il s'intéresse, principalement, au risque de défaillance de l'entreprise. C'est pourquoi, il regarde le passé (les trois derniers bilans !), car … il veut se rassurer. Les prêteurs sont principalement les banques, mais il y a aussi les emprunts obligataires, et sous réserve que l'entreprise se porte bien, les comptes courants d'associé.
Les investisseurs n'interviennent que dans des opérations s'effectuant par apports de fonds propres, principalement par augmentation de capital. L'accès au capital peut être immédiat (souscription d'actions en numéraire) ou à terme (obligations convertibles en actions, bons de souscription d'actions).

Les banques financent les investissements et le cycle d'exploitation :

Le financement des investissements se fait sous forme de crédits d'investissement à moyen terme, de crédit-bail ou de location financière. Il peut exister un financement " interne " sous la forme de cession d'immobilisations ou d'opération de lease-back.

Le financement du cycle d'exploitation doit d'abord être recherché dans l'entreprise, qui dispose souvent d'un potentiel d'amélioration de la trésorerie non exploité. Ce n'est qu'après avoir optimisé les différents postes du BFR (encours clients, stocks, crédit fournisseurs), et s'il existe un besoin résiduel, que l'on pourra solliciter les banques, avec d'autant plus de succès que cette démarche d'optimisation du BFR sera appréciée par elles.
Les moyens de financement ne manquent pas : facilité de caisse (besoin ponctuel), escompte, avances sur factures (Dailly), crédits de trésorerie (besoins structurels) ou de campagne (activité saisonnière), cession de créances (affacturage).

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Malgré tout ce que l'on entend dire sur les difficultés de financement des PME, il faut être convaincu d'une chose, c'est qu'un bon projet de développement trouve toujours un financement. Ce n'est pas l'argent qui manque, ce sont les bons projets.



Article rédigé pour Yvelines Compétences par
Michel ZOURBAS
Conseil en gestion et finance d'entreprise
Chargé de cours à l'Université de Versailles St Quentin en Yvelines.
Contact : m.zourbas@zed-conseil.com